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« …une ville, s’il est loisible de lui trouver quelque analogie physiologique, ressemble encore bien plus à un rêve. Car dans le rêve, de par sa nature même, les choses – toutes les choses- échappent à une signification rigidement définie, débordent de leurs frontières, se mélangent et se redistribuent. (…) Finalement, ordre et chaos, continuité et discontinuité, déterminé et indéterminé, s’unissent pour notre plus grande satisfaction. »
Aldo van Eyck

QUAI n°2

PROJET : 2010 - 3e édition de l’exposition-parcours à Nantes « Révéler la ville » sur le thème « De l'urbain à l'intime, les limites et leurs transgressions - Projet réalisé en collaboration avec M. Tessier et M. Germond, dans le cadre du collectif DeFacto »
TECHNIQUES : Montage numérique, impression numérique sur dibon, cadres acier
LIEU: Gare sud - Nantes

La ville n’est pas binaire, elle est multiple, complexe, entrelacée.
Notre intervention vise ici à explorer les conséquences d’une relation simplifiée, théorique, sans porosité, une relation binaire public/intime simplement juxtaposée.

A l’extrémité du quai 2 de la gare de Nantes, là où les rails s’entrecroisent et filent vers l’extérieur de la ville, là où d’un côté se détachent les immeubles de Malakoff et les immeubles en construction du Pré Gauchet et de l’autre, l’ancienne Manufacture des tabacs, un tryptique entre incrustation et lévitation nous donne à voir l’écorché d’une improbable pièce de vie - sorte de condensé d’intimités dont les objets sont les passeurs - constitué à partir de la collecte d’ambiances et d’atmosphères d’habitats du vieux Malakoff.

Nous avons souhaité amener les gens dans un endroit qui fait pour nous paysage.
Le paysage dont il est ici question n’a rien à voir avec le pittoresque, la géographie ou la stabilité. Tout le monde connaît la gare, mais pas forcément l’extrémité Est du quai n°2. Le fait d’aller y voir une intervention artistique, nous donne un autre état d’esprit que celui du voyageur pressé de monter ou de quitter son train.
Notre intervention se décompose en deux temps, minimale au premier abord elle jouxte ce paysage, elle est prétexte au déplacement et à la découverte, elle donne à voir un horizon, un morceau de ville.
Dans un deuxième temps, si le champ de vision se réduit, qu’il devient plus intime, il s’apercevra qu’à ces pieds flotte une image…

L’image que nous donnons à voir est une pièce de vie hantée par le plein. Le vide n’y a pas sa place comme par peur de s’y perdre. Cette accumulation contraste avec l’espace qui s’ouvre à nous.
Ces trois grandes plaques posées au sol sont brillantes, elles reflètent par irisation l’espace qui les entoure. Le spectateur perçoit ponctuellement son propre reflet dans cet espace de trop plein, il s’y surajoute, il s’y mêle malgré tout. Le voyant et le visible acquièrent par ce biais une nouvelle promiscuité.